MAGMA MENTAL

Des idées, des mots, des images. Un magma mental...

05 avr. 08

Le mot du jour : adaptabilité

Quelle est la différence entre versatilité et flexibilité ?
Entre instabilité et sens de l'opportunisme ?
Entre auto-victimisation et endurance ?

Un mot me vient, comme point de frontière entre chaque : l'adaptabilité.
Et je me dis que depuis que je me suis embarquée dans l'aventure périlleuse de mon job actuel, ce mot fut ma ligne de conduite forcée.

Donc aux dernières nouvelles, on me dit :
1. tu ne peux plus rester dans l'unité française, les besoins au siège sont énormes, ton poste doit devenir transversal. Et je pars
2. tu ne peux pas te cantonner à gérer les 3 marques et assurer les suivis de fab pour les 3, tu dois englober des fonctions de coordination au siège pour les marques belges et depuis le siège pour l'équipe (commerciale) française (ah bon je croyais qu'on avait un directeur commercial pour ça ? Ah non pardon c'est vrai il est payé à se curer les narines)
3. Ooops déééésolééééé en fait je m'a gourré mais j'avais pas bien vu mais en fait bin...on n'a pas de sous pour t'embaucher ! Rhooo c'est balo hein...
4. Tiens idée, si on te licenciait là tout de suite, que tu fasses ton préavis en produisant sur 3 mois tout ce que tu aurais produit sur 4/5 mois en temps normal, que tu nous rachètes la machine de PAO à bon prix et que dans quelques temps, quand ça ira mieux, tu reprenais le cours de tes dossiers en travailleur indépendant ? (ah ouais me licencier, mais sur quel motif je vous prie ? Vous payer une machine pour pouvoir vous fournir les prestas dont vous aurez besoin ? Vous voulez pas que je passe un coup de balai sous vos pieds non plus ?)

Et je laisse parler, et je me dis mon Dieu mais dans quel nid d'abrutis je me trouve...

Alors après la rage, vient le temps du rebond. Rebond, terme jumeau d'adaptabilité.
Où en l'espace de quelques heures, il faut trouver le contre-pied de la situation. Voir quel intérêt on peut en retirer, voir comment on peut obtenir ce qui est le plus important, voir comment on peut contraindre.

Vendredi prochain, on est censé me dire si oui ou non j'intégrerai l'équipe d'ici. Mais avec ce que je sais aujourd'hui, et avec le trou béant laissé par la confiance disparue, il est hors de question que je signe.
Et j'attends avec déjà un sourire en coin, de voir comment ils vont tenter de me licencier.
Motif économique ? Ah oui, en me faisant cravacher tout mon préavis, vous êtes sûrs que mon poste est devenu inutile à l'entreprise ? Et s'agissant d'une structure en cours de redressement, vous ne croyez pas qu'un juge-commissaire devrait avaliser votre décision avant que j'aille la contester (compte tenu que d'autres personnes plus récentes et moins productives sont encore employées) ?
Motif personnel ? Bien bien, allez-y, soyez finauds parce que quoique vous disiez, vous allez tomber très vite dans le licenciement abusif
Faute peut-être ? Haha, je me gondole...elle est où la preuve ?

Objectif immédiat : évacuer les lieux.
Quitter sans plus tarder le couvent, rapatrier tout le bazar (ce qui inclue la machine de PAO, fatalement...) à domicile, continuer à travailler en attendant qu'ils soient foutus de prendre une décision. Et être là pour la 1ère bougie de mademoiselle Loulou (billet à suivre pour vous présenter cette charmante petite créature joufflue)

Objectif à moyen terme : jongler entre trouver un autre contrat et dealer le départ définitif de la boite à vilains.
Hypothèse idéale : trouver plus vite un autre contrat et en parallèle, les inciter à me licencier sur mode consensuel pour récupérer la machine de PAO + mes indemnités et ne pas avoir à tirer mon préavis.

Objectif à fin d'année : être dans une autre boite, avoir gardé la machine pour faire un peu de freelance et si possible par pour eux (non désolée j'ai vraiment pas le temps là et de toutes façons vous êtes mauvais payeurs...arf !).
En parallèle : quitter mon nid là haut sur la colline et si inspirée de je ne sais quel élan de maturité, faire un truc typique des vrais adultes qui s'enracinent : acheter un appartement (rhooo lala, rien que le dire ça me donne des frissons).

Objectif à hiver 2009 : rattraper cette saison de ski totalement loupée pour cause de débilité belge en phase aggravée.

NAN MAIS !

Posté par marieguette à 16:59 - Bruxelles mon village européen - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

02 avr. 08

C'est une maison blanche...

…accrochée à une petite rue de Bruxelles capitale, dans la commune verdoyante et contrastée d’Uccle. Ou Ukkel pour les bilingues en flamand pas comme moi…

Maintenant comme si vous étiez dans un jeu vidéo, glissez vous aux commandes : vous êtes dans mes yeux, je vais vous guider jusqu’à la maison blanche.

Si vous n’êtes ni mineur ni grabataire et donc pas contraint de circuler en bus ou en tram, alors comme les ¾ des bruxellois vous boudez les transports en commun et vous déplacez en Mariemobile.

Du coup d’où que vous arriviez, vous avez probablement pris le ring. Ou périph’, en français d’outre-Ardennes. Vous voila donc sur le ring Est, vous dégagez à la sortie 18 « Ukkel / Ruisbroek / Drogenbos ». Vous vous retrouvez sur une longue rue sinueuse qui vous fait passer devant un centre commercial où vous sentez que vous reviendrez régulièrement dans un futur pas si lointain. Plus loin sur cette rue, vous atteignez un quartier qui s’appelle « le Globe », plein de petits commerces et bien vivant. Vous traversez en continuant sur la même rue puis suivez tout droit. La petite rue sinueuse devient un axe rectiligne et plus large, ou comment un petit chemin d’autrefois devint un jour une avenue portant le nom d’un grand monsieur de l’histoire locale : Georges Brugmann.

Vous voila sur une avenue ma foi assez chic, avec de grands bâtiments d’époques tellement différentes que tout ça donne cette cacophonie visuelle qui pour moi est le propre de l’urbanisme bruxellois, et ce pour quoi mes yeux aiment cette ville.

Après quelques intersections, vous traversez les lignes de tram pour tourner à gauche, dans la rue des Cottages. Elle porte bien son nom, car en un coup de volant vous avez complètement changé d’environnement. Vous longez maintenant de petites rues alambiquées, aux noms évocateurs : rue de la mutualité, rue des carmélites, rue de la seconde reine…Ici vous ne voyez que des maisons belges. Des façades relativement étroites à une seule (mais grande) fenêtre, parfois en bow window, le tout sur 3 étages plus les combles sous les toits. De vieilles maisons aux façades en briques souvent peintes, sans volets, avec une tablette sur le bord de chaque fenêtre où poussent tranquillement de petites plantes. Incroyable, il y a deux minutes vous étiez dans une capitale et maintenant vous vous croyez au village, comme chez vos grands-parents. Dans l’une de ces rues, au détour d’un zigzag, vous repérez une petite plaque ancienne portant le numéro 150. Vous venez de trouver la maison blanche.

Elle est toute en briques peintes, elle est bucolique, elle envoie de bonnes ondes.

Puis vous sonnez à l’interphone et là quelqu’un de sympathique vous ouvre. Dans cette maison il n’y a guère que des gens sympathiques…

Vous entrez et comprenez à la vue des boites aux lettres que la maison a été divisée en appartements. Devant vous il y a l’escalier commun, pas plus large qu’une porte, à l’ancienne. Sur le côté il y a le rez-de-chaussée et au 1er une autre surface occupée par les propriétaires de la maison. Ces propriétaires, c’est un couple de retraités qui après avoir beaucoup travaillé et beaucoup bourlingué, ont choisi d’élire retraite en Ardèche. Donc pendant la moitié de l’année, ils ne sont pas là.

Comme ils sont super gentils et que vous n’êtes pas spécialement méchant, ils vous laissent l’accès au jardin en leur absence. Vous poussez juste la porte de leur salon pour longer leur cuisine et hop, vous voila avec vos gants, vos pelles, votre sécateur, en train de jardiner pénard. Ou avachi sur une couverture, vous faites la sieste en plein été à l’ombre d’un arbre. De temps en temps, le long des murs de brique qui vous séparent du jardin voisin, vous voyez passer un chat qui vous miaule quelque chose que vous ne comprenez pas. Qu’importe, on est bien là…

Revenu devant l’escalier, vous avez une lessive à étendre dans la buanderie commune, au sous-sol. Ca y est, vous en avez fini. Alors vous grimpez jusqu’au 2ème étage. Vous voyez des petites portes et des petites trappes un peu partout. Vous êtes dans une vieille maison, rien à voir avec les buildings des années 80…et toutes ces petites cases sont des rangements qu’on vous laisse remplir de votre bazar visuellement ingrat. Vous atteignez enfin le haut de l’escalier : un palier avec une armoire et de quoi vous vider les poches. Vous poussez la porte d’à côté et vous arrivez dans une vaste pièce très lumineuse où sont nichés de grands meubles de rangement, où trône une grande table qui vous invite à vous poser et attendre les œufs mimosa (la cible se reconnaîtra). Enfin dans un coin il y a une large bibliothèque puis quelques vieux fauteuils hyper confortables et un ordinateur, objet isolé témoignant qu’on est quand même au 21ème siècle, contrairement à ce que tout le reste semble indiquer.

Cette pièce communique sur une micro cuisine, une micro salle de bains mais ici on s’en tape, on ne passe pas sa vie dans la baignoire ni sa journée aux fourneaux. Il y a de quoi préparer et stocker du bon à manger, c’est tout ce qui compte. Et puis vous remarquez un escalier tout fin et tout raide, en bois sombre. Trop tenté d’aller voir ce qui se cache en haut vous l’escaladez. Et en haut, vous trouvez 25m² de tranquillité : une chambre dans les combles. Elle est agencée un peu n’importe comment car quand on vit sous les toits c’est toujours un peu comme ça. Elle a des trappes qui accèdent à ce qu’il reste de combles, là où on planque les trucs qu’on sort une fois par an.

Depuis une de ses fenêtres, on voit le petit quartier d’en haut : c’est un entassement de maisons petites et grandes, de toutes les couleurs, avec des toits très pentus et des briques, des jardins, toujours des chats qui courent….

Qui pourrait dire que derrière cette ligne de toits se trouve Vanderkindere, une des rues les plus attractives de la capitale. Une rue hyper commerçante, parfaitement desservie par les transports en commun, aux stationnements gratuits pour les résidants ayant acheté leur pass annuel…
…la rue où j’irai probablement acheter mon pain.
…la maison blanche dont je pousserai probablement la porte chaque soir et chaque matin
…le petit duplex sous les toits qui m’a complètement tapé dans l’œil et pour lequel je vais maintenant m’empresser de rappeler la propriétaire et demander une seconde visite.

...l'endroit où, avec un peu de chances, j'aurai bientôt (ENFIN !) posé ma vie.

To be continued...

Posté par marieguette à 12:12 - Bruxelles mon village européen - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

30 mars 08

Petit correctif...

...à l'attention des gentils qui s'inquiètent de mon sort.

Non, je ne suis pas au fond du trou, je suis juste fatiguée. N'oubliez pas que je suis quand même un personnage assez primaire qui sourit bêtement à la vie aussi longtemps qu'il mange à sa faim et repose suffisamment son organisme....L'autre soir j'étais dead, depuis j'ai écrasé pendant des heures, j'ai promené mémé dans les rues de mon potentiellement futur quartier, j'ai mangé des bonnes grosses frites et bu de la bonne grosse bière. Détendue me vla !

Quand je suis partie, au tout début, Géraldine m'a demandé comment je me sentais. J'ai répondu, comme dans la cabine de départ en haut d'un champ de course, par un jour de temps changeant et une neige alternant poudre et pans de glace. Juste avant une course où il va falloir sortir toute sa panoplie de possibilités et où toute erreur technique se paiera cher.
Je me souviens de ces dimanches de courses quand j'étais petite, dans ces cabines de départ qui auraient pu loger deux enfants comme moi en même temps. A force de le vivre, je m'étais lassée d'avoir peur. Peur de tomber, peur de mes erreurs, peur d'échouer en somme. Et j'avais appris à prendre des risques, parce que je faisais de bien meilleurs temps quand je fonçais sans réfléchir.

Je crois que c'est à cause du ski que j'aime ces moments où on est à la lisière entre deux choses. Où on peut autant perdre des plumes que gagner des lauriers. Où on joue seul contre (et avec) les éléments, où rien n'est acquis d'avance mais où, si on ne tente pas, on reste au ski-bar à boire des Ricard.

Avec le recul, je dirais qu'au jour de la question de Géraldine, en réalité je n'en étais qu'aux entraînements. Depuis, j'ai fait des descentes de repérage, vu les passages qui iraient à mon avantage et isolé les détours difficiles. Je sais sur quoi et quand je dois appuyer. J'avais juste besoin d'un petit Cacolac pour me recharger avant la vraie course.

Maintenant, la vraie course est imminente et j'ai envie de la courir. Tant pis si je me gaufre, je n'aurai pas de regret d'avoir essayé. Mais si je fais un bon temps, c'est super bonus et double Cacolac à l'arrivée (hein Jibé !!).

PS : dit-elle en écoutant "sweet Lullaby" de Deep Forest. Parait que la petite fille qui chante, c'était une prise de son de je ne sais quels vieux briscards aventuriers, et que maintenant elle aurait 70 piges mais que personne ne sait si elle vit encore...Mmmm je sais pas si j'y crois...

PS bis : ah tiens au fait ce soir je fais un bar à quenelles avec une famille rwandaise. Fun !

Posté par marieguette à 18:13 - Bruxelles mon village européen - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

27 mars 08

Grosse fatigue

Voila déjà quelques jours que ces deux mots résonnent dans ma tête comme une rengaine qui me renvoie à mon triste reflet dans le miroir, chaque matin, matin après matin. Deux mots qui reviennent comme un leitmotiv comme pour expliquer l'état dans lequel je suis.

Je savais bien avant de partir que j'allais fonctionner en mode sous-marin pour un certain temps. Parce que trop de choses à faire et que je ne peux pas tout faire. Parce que peu de temps pour tout gérer de front. Parce qu'il faut aussi le temps de l'adaptation, de la prise de marques, et quelque part parce que mon choix n'était pas complètement définitif.

Je me suis jetée dans le puits la tête la première. En bossant comme une dératée tout en épluchant toutes les sources d'infos que Google voulait bien me lâcher, pour envisager chaque micro détail de mon expatriation et surtout ne pas me retrouver de la baise en fin de partie. En acceptant de vivre au couvent avec droits de sortie exceptionnels. En me tapant des déplacements longs et chiants (NDLR : pour former des commerciaux qui n'ont même pas confirmé leur période d'essai, ça fait toujours plaisir...). En ne vivant que dans la projection de ce que serait ma vie d'après. Mais d'après quoi finalement ?

C'était censé être une période d'essai, genre pour voir si je m'acclimatais. Ce fut bien plus.
Ce fut la période de lâchage total de mes anciens collègues qui, par leur médisance et leur attitude anticonstructive, ont fini par retourner l'arme contre eux et mettre à jour leurs nullités respectives. Qui, là où ils auraient voulu m'enfoncer, n'ont fait que prouver leurs insuffisances et amener la direction à me décharger de responsabilités qu'ils cherchaient à me faire assumer. Je cite, "parce que c'est un peu facile de toujours tout mettre sur le dos des mêmes, tu vas modifier tes process et les contraindre à prendre leurs responsabilités". Ok chef, comme vous voulez chef. Abandonner des casseroles, je dis pas de problème.
Ce fut aussi la période où j'ai mieux compris le fonctionnement d'ici. L'histoire de l'équipe d'ici, les rapports entre les uns et les autres, les antécédents, les conflits larvés, les doutes, les manques...tout ce qui va devoir être amélioré dans les temps à venir.
Et ce fut enfin, à partir de je ne sais plus quand, un enchaînement de nouvelles taches. Des réunions se sont tenues hors ma présence, où mes possibilités semblent avoir été listées et fortement appuyées par deux trois personnes qui me soutiennent bien plus que je ne le réalise. Et où chacun semble avoir fait son petit marché. Untel étant intéressé par le graphisme, un autre pour les missions sur l'international, un pour les formations internes, un pour les suivis de fabrication, un pour la communication corporate de la boite...et ça n'en finit plus de pleuvoir sur mon bureau.
En même temps je serais bien infondée à me plaindre. C'est moi qui ai demandé à rejoindre cette équipe, j'ai la monnaie de ma pièce. C'est moi qui ai cette insupportable aptitude à me lasser de tout et à demander tout le temps de la diversité (là je suis servie mon coco). C'est moi qui avais les pieds qui me démangeaient de changer de cadre de vie sans savoir où je voulais aller et pour faire quoi. C'est moi qui ai transformé une situation menaçante en une opportunité, quitte à prendre des risques (et des risques, là il y en a, faut pas se leurrer non plus). Mais il restait un hic...

Là encore, il ne faudrait pas oublier que derrière mes nuanciers Pantone en forme d'éventail, je cache une abominable rigoriste. Réflexes de juriste oblige, j'ai évidemment épluché les lois belges, les conventions fiscales entre la France et la Belgique, les règles et modalités de couverture sociale, les bidouilles bancaires et tout le tralala. Genre vers 22h après avoir juste fini de bosser et mangé ma soupe lyophilisée, comme si c'était relaxant. Des fois je me voyais faire et repensant à l'ensemble des taches balayées sur la journée, je me demandais comment j'ai pu devenir cet étrange mélange moitié création/moitié rouleau compresseur. Parce que je veux bien créer (plutôt deux fois qu'une) mais pas question de ne pas assurer mes arrières. Oh bordel, j'ai un budget VOYAGES à constituer moi !!

Quand j'ai quitté le cursus juridique, je regardais les marches des Assises et je me rendais compte que je renonçais à ce à quoi tout le monde me promettait, juste au nom de mes valeurs et sans même savoir où j'allais. Je voulais libérer mon esprit, laisser s'exprimer l'autre face de moi que je sentais grandir, et je voulais rouler ma bosse. Surtout pas m'enfermer sous des murs de codes et tomes de jurisprudence. En tous cas j'étais convaincue que tous ces efforts me serviraient. Au début j'ai surtout eu l'impression d'être un peu plus entraînée à travailler sans relâche. Et au bout de 8 ans, je sais que JAMAIS je n'aurais pu me défendre et gérer cette CHIANLI DE MERDE sans cette machine que j'ai encore dans la tête.

6 semaines ont passé, et aujourd'hui c'était le grand oral. Le RDV longtemps attendu et dûment préparé chez le grand chef. Celui où on déroule ses prévisionnels, où on présente le périmètre de poste sur lequel on s'est entendu avec ses collègues, où on prouve qu'on a su se rendre plus qu'utile...mais où l'on rappelle qu'on n'est pas une buse acérébrée ni une gazelle aveugle. Donc bon : grimper à bord de ce paquebot présente des risques, mais de toutes façons on y voit mieux l'horizon que depuis le radeau (de la méduse mortifère...je me comprends). Et les meilleurs deals étant les win-win, si la boite profite, je dois profiter aussi.
Les papiers sont en cours, on est en train d'élaborer une solution (dont les tenants et aboutissants juridiques semblent échapper à tout le monde...ce qui me fournit illico quelques bonnes billes à garder au fond de ma poche pour les longues soirées d'hiver)... et je devrais m'en sortir décemment.

Ce soir une de mes collègues me disait "chapeau jeune fille, tu t'en es tiré haut la main". Alors que je me sens plus bas que terre. Parce que je ne suis qu'au milieu du tunnel, parce que j'en ai déjà plein le bol de manquer de lumière et que je veux atteindre la sortie, parce que j'ai la méchante envie de secouer tous les cocotiers qui me passeraient sous la main, et viscéralement parce que ça me gonfle à mort de m'occuper de mon déménagement. Éplucher les annonces, aller visiter, gérer la partie paperassière (la voila, la raison centrale pour laquelle j'aurais forcément foiré au barreau : je n'aime pas la paperasse), trouver un déménageur, m'enfiler les administrations et autres services dans les deux pays, jongler avec l'argent que je n'ai pas, vivre dans les cartons pendant des semaines parce que je sais d'avance que je n'aurai ni le temps ni l'envie de me palucher ce bazar...

Donc certes, les affaires avancent. Mais c'est une très (trop ?) grosse machine, difficile à gérer quand on est seul aux commandes et qu'on a pas 4 bras. Le voyage à 20.000 lieues sous les mers est loin d'être terminé, le sous-marin devrait sortir des eaux quelque part au début de l'été, appelé par les rayons du soleil et le besoin de respirer.

Je rêve de ce dimanche de juin où je pourrai émerger pénarde dans mes oreillers après un samedi soir bien arrosé en bières locales, et où je pourrai me taper un brunch coolissimo dans un parc vers chez moi avec des mp3 spécial "sunny sunday" et un bon petit roman qui fait rire. Après avoir glandé tout l'après-midi, je rentrerai à la maison et me ferai un plateau télé avachie dans mon vieux fauteuil tout pourri. Et demain sera un autre jour...

Posté par marieguette à 22:32 - Bruxelles mon village européen - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

12 mars 08

Des fois y en a tellement trop que ca devient du rien

Pfiou, mazette vla un moment que je ne poste.
La plume à sec ? Bof, plutôt la plume (le clavier) hésitante. Tellement de choses à dire et en même temps rien de si consistant que ça.

Je suis donc partie du couvent pendant une semaine. Le temps de rouler, rouler, rouler...jusqu'à l'océan et de le voir à peine tout gris tout terne, fondu dans la masse de ciel gris lui aussi et aussi mouillé que l'océan lui-même. Du coup c'était nettement plus marrant d'aider mes amis de là-bas à repeindre leur nouvelle baraque. Le rouleau et les peintures Casto, c'est ma nature...

S'en est suivi une semaine de formation pour de nouveaux commerciaux dont un qui a déclaré forfait en cours de route. Ça fait toujours plaisir de s'investir pour en arriver là. M'enfin, mieux vaut maintenant que dans 6 mois. Après ça, retour au bercail pour un court et chargé WE. Encore une journée de route pour atteindre Lugdunum City Beach, en traversant le Forez avec délectation car au moins là-bas, il y a encore de cette substance naturelle dont je raffole et qui me manque un peu au plat pays : la NEIGE !

Durant 3 petites journées à Lyon, ce fut le marathon. Suramortissage du lave-linge, rangements en tous genres, crochets par chez les uns et chez les autres, acte civique complètement dépourvu de motivation (vote aux municipales), du temps qui file entre mes doigts et que je n'arrive pas à partager comme je voudrais, toujours parce que j'ai pas 4 bras.

Il y aura eu quand même deux évènements intéressants :
- l'anniversaire de Timimix des bois samedi soir. L'occasion de revoir toute une clique, de remplir l'agenda de visites à Bruxelles avec challenge sur la bière (y a des anglais dans le lot de visiteurs, j'ai intérêt à m'entraîner merde !), de boire des canons faits maison, d'enregistrer leurs visages et le son de leurs voix dans un coin de ma tête parce que bientôt, faut pas se mentir, ce seront des souvenirs. Des souvenirs qui revivront dès que l'occasion de se croiser se présentera, mais des souvenirs quand même, parce qu'il y aura du nouveau qui se sera rajouté par-dessus et que mon espace disque sature par moments.
- le brunch chez les copains et ma nouvelle condition de marraine. Et ça voyez-vous, je n'en suis pas peu fière. Mais l'affaire mérite un développement bien à part, donc je reviendrai dessus à l'occasion, pour m'étaler dans les grandes largeurs sur ce que ça me fait d'être marraine d'une petite loupiotte joufflue qui n'a pas oublié d'avoir du caractère. Du fun en barres, voila ce que ça promet.

Et puis il a fallu repartir. Une journée dans les tempêtes pour retrouver le couvent. Dès le lendemain, rattraper une semaine de prod accumulée durant mon absence, couvrir des urgences, prendre les devants pour se faire et de nouveau se manger des skuds pour des causes politiques à la con.
Tu es trop honnête, voila ce qu'on m'en dit. Ne prends pas de responsabilités qu'on ne te demande pas, couvre-toi et sois plus tactique, voila ce qui m'est prescrit, comme traitement contre la bonne volonté et contre la spontanéité.
Crise de maturité professionnelle ? Ça se pourrait.
Enième désenchantement sur les bassesses du genre humain ? Je penche plutôt pour cette vision.
Baisser les bras ? Sûrement pas...je ne peux pas croire qu'il n'y ait que des crétins intellectuellement limités sur le marché. A moi de trouver une ligne de conduite pour ne pas me salir avec de vilaines méthodes, ne pas tomber dans la fourberie, être juste plus rusée et plus compétente.

Cela fait partie du challenge que représente ma migration au pays de la frite. Le défi personnel ne me fait pas peur, il m'amuse à vrai dire. Le défi professionnel est plus délicat, mais comme je n'ai pas d'autre choix que de m'en tirer, le jour où je pourrai me retourner sur cette période, je crois que les boulets du genre de ceux que je me coltine en France n'auront plus de secret pour moi et que tout ça me fera doucement rigoler.

En attendant, comme chaque jour dans la vie au couvent, je termine tout juste ma journée, je suis naze mais naze d'une façon saine, il ne me reste qu'à me caler une petite vidéo et recharger mes batteries avant une autre journée de finauderies, de tours de bras, d'idées sorties du chapeau, d'initiatives drapées de garanties politiques, de système D et je l'espère, de réussites !

Posté par marieguette à 22:19 - Bruxelles mon village européen - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

24 févr. 08

Première semaine de taquet

Premier dimanche soir pénard au pays plat, qui arrive au terme d’une semaine du genre chargée. Disons, une semaine à worklist quelque peu embouteillée, doublée d’une semaine d’immersion. Sollicitation permanente de mon attention, moult choses qui se tirent la bourre dans ma tête, le magma est en suractivité.
Au moins je sais pourquoi le soir j’ai sommeil et m’endors sans demander mon reste. Puis me lève avec une seule idée : avancer, sur tous les fronts en même temps.

Tout a commencé mardi par l’installation de mon bureau. Car ici j’ai droit à un vrai bureau tout nickel et même des étagères, et même une longue table, et même des crayons et une corbeille à papiers, et même une imprimante et un téléphone. Déjà j’en tomberais à la renverse, suffit de comparer au taudis qui me faisait office de bureau dans les locaux de France. Ah la verrière trouée et le chauffage pété, vont pas me manquer ceux-là…

Et puis mardi après-midi, kick it off.
Jusqu’à vendredi soir, ce fut un enchaînement bien pêchu de prod, de réunions, de discussions de coin de couloir, de prises de renseignements en tous genres, de mise en place du workflow à distance avec la France, et surtout beaucoup de créa et de gamberge. Ouaip, le magma est bien à fond je dis…

Vendredi enfin fut l’heure de quitter le couvent pour filer à Bruxelles retrouver Thibaut, Isa et leurs amis pour l’anni surprise d’Isa. Evidemment je n’ai assuré l’autodrive que jusqu’à la sortie du ring. De là, fatalement je n’ai fait que prendre les mauvais boulevards et toujours dans le mauvais sens. Rouler de nuit dans une ville que je ne connais pas en mode voiture et où il n’y a quasi pas de panneaux de direction ou écrits tellement minus que les myopes sont disqualifiés d’entrée de jeu, c’était perdu d’avance. Thibaut a gagné un an de bières au passage…et moi le droit de budgéter un GPS. La soirée était super, trop de bonheur toutes ces rencontres, la légendaire accessibilité de l’Homo Belgicus qui vous guide, vous renseigne, vous accueille, vous souhaite la bienvenue dans son pays en vous payant des bières. Tout ce que vous ne verriez pas en France…

Samedi j’ai quadrillé la ville en voiture, pour repérer des coins à cibler dans ma recherche d’appart, les coins où sortir mémé, les coins où réapprovisionner le frigo, etc etc etc. Je pense avoir trouvé le quartier parfait pour moi (pour ceux qui connaissent : Uccle coté Forest, entre avenue Brugmann, rue Vanderkindere et chaussée d’Alsemberg). Un coin résidentiel mais vivant, à 10 min des coins truffés de bars et restos, commerçant et qui échappe à la bourgitude d’Uccle sans tomber dans la boboitude désabusée. Juste popu ce qu’il (me) faut.

Il n’y a pas à pinailler, j’adore Bruxelles. Parce que cette ville est un gros bordel. Un amoncellement de merveilles de bâtiment voisinant de gros loupés du 20ème siècle tardif, le tout sans la moindre considération pour toute notion de perspective. Regardez un plan, vous comprendrez tout de suite. Le centre (le Pentagone) est déjà un foutoir. Mais les 19 communes autour c’est idem. Pas deux rues parallèles, un coup ça monte, un coup ça descend, la chaussée est souvent foireuse, les styles architecturaux se juxtaposent en s’ignorant les uns les autres, et surtout ils ont un problème avec la signalisation, graaaaave !!
Et les gens sont cool, vachement plus agréables et posés, rien à voir avec les français sous-civilisés envers leurs visiteurs.
Et en plus il faisait beau, alors que demande le peuple ? Mon seul regret serait de ne pas avoir de quoi illustrer mon propos par l’image, mais c’est-à-dire que mon joujou se promène actuellement quelque part à 4000m au pied du Tibet, dans la poche de Maman Lyli.

Enfin ce fut bon de passer ce WE avec Thibaut, Isa et Emma la choupette. Bon de ressentir la chaleur d’une maison habitée où évolue une vraie famille, de pouvoir dauber sur les anglais pendant un match de rugby, de boire des Nespresso, de tartiner du bon pain frais à coups de « choco » (Nutella, en belge), bon de tout ça. Et puis voila, dimanche soir est venu, avec son lot de lessives à expédier et son casse-dalle devant la télé en me gondolant devant les derniers excès du nabot de l’Elysée (mais quel boulet je rêve…), songeant que je quitte un climat politique débile pour plonger dans un autre, mais que c’est pas ça qui va m’empêcher de m’enfiler mon assiette de pâtes. Il est l’heure de brosser mes quenottes et choper une petite VOD avant de m’abandonner au sommeil.

Demain est un autre jour, j’ai la niaque mais qui dit niaque dit impatience. Impatience de tout boucler pour attaquer le gros morceau de l’expatriation. Même si ça va impliquer de faire le pied de grue au consulat, à la commune, à la banque, de remplir des tas de papiers auxquels je ne comprendrai rien, de courir dans tous les sens. Rien à foutre, car quand les bourgeons donneront leurs fleurs, je les verrai d’ailleurs…et il n’y a rien d’aussi jouissif que de terminer un chapitre de sa vie pour vite rentrer dans le suivant.

Bon, et cette vidéo alors, je me fais quoi ???

(Bises à tous…)

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19 févr. 08

Le jour s'est levé...

...sur un ciel ensoleillé et un matin frais.

Hier fut la journée de transition. La journée qui commence avec 4h de sommeil au compteur, grâce aux délicats services du voisin du dessus. Je ne les regretterai pas, ni lui qui envoie sa techno à fond les manettes le dimanche soir (quand maman est partie) et répète inlassablement les mêmes trois pauvres arpèges sur sa guitare mal accordée, ni sa mère qui ne sait pas vivre sans ses talons hauts, même chez elle, même la nuit (Je vois d'ici la paire de chaussons cirés à talons de mémère...)

Hier il a d'abord fallu farcir une Clio, en m'y reprenant x fois pour tout bourrer dedans. Puis enquiller 8h de route avec pauses, en voyant le paysage se transformer. Quitter les terres vallonnées de chez moi, voir les dernières maisons "jaunes" (en pierre dorée), remonter en Bourgogne et pour une fois, ne pas suivre l'A6 vers Paris mais piquer droit au nord vers Troyes. Laisser son regard traîner sur ces vastes plateaux et ces forets de pins hauts, réchauffés par un beau soleil d'hiver. A Troyes, poursuivre vers Reims et à Reims, quitter l'autocroute pour couper à travers les nationales jusqu'à la frontière. Puis à un moment, sans y prendre garde, on passe la frontière. Je m'en suis rendue compte au fait que d'un coup plus moyen de capter les Grosses Têtes, et que d'un coup PAF, changement intégral d'architecture. En plus beau.

La route jusqu'à Charleroi passe par une vaste forêt, je parie que couverte de neige elle doit être magnifique. Enfin voila Charleroi la ville désolante paraît-il, pif paf reprise d'autoroute et youpla sortie 17, Courcelles, ENFIN.

Après un bon repas bien chargé en pili pili et surtout une nuit de 8h sans interruption, exceptionnel pour moi en dehors des WE, je file prendre une douche, une bolée de kawa et EN AVANT. J'ai vu mon bureau hier, un vrai bureau rien que pour moi avec une grande table, des étagères et accès au balcon qui borde le bâtiment. Il va falloir décharger la Clio, monter les cartons, garnir les étagères, réassembler ma machine, me mettre à jour d'hier et après un déj avec mes collègues, une première réunion est planifiée. Manière de me faire flipper lister tout le boulot qui m'attend.

C'est clair, je ne viens pas pour acheter le terrain...
Et mon petit doigt me dit que ce soir de nouveau je dormirai du sommeil du juste.

Posté par marieguette à 08:10 - Bruxelles mon village européen - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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