MAGMA MENTAL

Des idées, des mots, des images. Un magma mental...

13 juin 09

Sans transition...

P1070307

Maître-mot : TRANSIT

Et bien et bien...
Un mois déjà que ce visuel m'est passé sous les yeux. Celui des cartons triple cannelure des déménageurs, dans lesquels s'entassent mes bebelles (ah c'est officiel, maintenant j'injecte du québécois à tout va). Un mois que mes affaires sont empaquetées dans une grosse caisse en bois, conservée quelque part dans la grande banlieue parisienne en attente d'un feu vert pour partir faire la grande traversée. En attente d'un signe de ma part, quand j'aurai deux minutes de l'autre côté de la flaque.

Il y a deux semaines, j'ai embarqué sur un vol transatlantique depuis Paris. Avant ça, j'avais pris un vol en fin de matinée depuis St Exupéry, laissant derrière moi des parents confiants mais un peu fébriles. Pas évident de voir ses enfants repartir, sans jamais savoir s'ils reviendront un jour. Mais la confiance doit primer sur tout le reste, alors je suis partie comme si j'allais revenir dans quelques semaines. Pour démystifier l'instant présent et regarder de l'avant. Dès le premier vol vers Paris, je me suis tarté une peste finie de 6 ans, capricieuse comme chez moi ça ne se peut pas, qui devait être assise près d'un adulte à cause des mesures de sécurité pour les enfants voyageant seuls. 10 minutes avec elle auront suffit à me rappeler mon absence de fibre maternelle !
Rendue à CDG, je déambulais pour 3h d'attente avant le vol suivant. Juste le temps de m'envoyer un dernier carpaccio des familles, de claquer des sommes carrément tabou en cosmétiques, de laisser ma dernière pièce de 2€ dans un café serré même pas bon, puis d'embarquer. Le vol remontant le temps, j'ai eu droit à une traversée de l'océan sous un soleil radieux. Bien assez pour admirer les cotes française puis irlandaise, puis à l'approche du Labrador, ce fut le bal des icebergs dansants au large du continent. Et à un moment, ce fut la terre, à nouveau. La terre burinée du grand nord, rougie et quasi-désertique. Il restait un peu plus de 2h avant d'arriver dans mon nouveau chez-moi. En fin de journée, au soleil couchant, l'avion a traversé la couche de nuages pour révéler un St-Laurent majestueux, avant de bifurquer par le nord-ouest pour contourner la "montagne" (le Mont-Royal) par l'arrière. Et de voir le stade olympique tout petit d'en haut, de jouer à reconnaître les quartiers de cette ville en Majorette, puis enfin, de se poser et sentir l'attraction terrestre de mon nouveau coin de planète.

Les formalités à l'aéroport furent un peu épiques. Le premier passage de douane est rapide et simplissime, ça s'est corsé au passage de l'immigration. Parce qu'il était environ 21h, qu'il y avait de l'attente et que les douaniers étaient déjà passablement agacés par un énergumène préalablement refoulé du sol canadien, qui tentait de passer la frontière. Le douanier canadien n'est pas méchant, mais il ne faut pas le titiller.
Quand on arrive dans cette salle, un pélo très évocateur des garçons bouchers se pointe, vous flingue de ses yeux métalliques, et vous demande ce que vous venez faire ici. "Confirmer ma résidence permanente et m'établir, monsieur". Veuillez passer en salle d'attente. Et là, gros doute. Une salle pleine à craquer, remplie essentiellement de familles soit africaines, soit maghrébines, soit indiennes ou sud-américaines. Pas un seul blanc-bec occidental de base, j'en étais à me demander si ce n'était pas une salle de parquage. Et pourquoi ces familles attendaient depuis si longtemps avec des enfants largement en heure d'aller dormir. Et pourquoi les autres occidentaux passaient rapidement surtout...On vous dit que "first in, first out", n'empêche qu'ils sont tous passés dans une salle en arrière du comptoir de douane, entre 4 yeux avec un douanier, pour sortir tous leurs justificatifs. Nombre d'entre eux ne comprenaient pas les consignes, le ton montait avec les douaniers agacés de trouver encore un dossier incomplet.
Voyant l'attente, j'ai voulu appeler la famille pour les prévenir. Évidemment, les cellulaires sont interdits. Évidemment il y a un téléphone public (Ah Bell, tu m'avais manqué). Évidemment ça vous prend deux pièces de 25 sous pour appeler en urbain, ma plus petite coupure était un 5 dollars et les douaniers ne sont pas exactement des caissiers qui vous font la monnaie !! Alors me voila dans un des WC attenants, à allumer mon cellulaire en douce pour appeler ma cousine. Manque de bol, c'était un WC handicapé (non mais ça va, y avait pas d'autre gogue !) : si le dit handicapé n'est pas sur le trône après x secondes, une alarme se déclenche. Et cet agent de sécurité de taper à la porte tandis que je composais mon SMS, pour me demander si "tout va bien" !! Heum...oui oui...je suis juste en train de gruger vos règles en douce parce que l'autre surveillant chef là-bas, il me fait peur...
J'ai attendu une bonne heure, une dame a appelé mon nom. J'allais vers l'accès aux bureaux arrière, elle me dit non toi tu restes au comptoir. Ah, ok... Je lui sors les papiers prévus, elle me demande la référence de mon cutex (vernis à ongles). Je lui dis ce que j'ai dans mes valises, elle me répond que ce n'est pas utile. Je lui présente ma liste du déménageur, elle me la rend illico. 5 minutes plus tard, elle me souhaite bonne nuit. Même topo avec le bureau québécois (et oui, on immigre deux fois ici : au Canada puis au Québec !). Restait à récupérer les bagages (en masse), plus de deux heures après l'atterrissage de mon vol. Habituée au bordel ambiant en France, j'avais comme un doute sur où mes valises seraient passées. Que nenni : un agent "volant" était là, je le questionne, il m'indique le fond de la salle des tapis, près d'un comptoir Air France à proximité de la sortie. Je m'avance et proprement garé le long d'une rampe de métal, je vois un chariot avec mes valises empilées par ordre logique de taille et de poids. La perfection faite aéroport.
Une fois le chariot en mains, il me restait un dernier "barrage" à passer : je ressors les papiers tamponnés par les douaniers, une dame me souhaite "bienvenue et bonne chance !", énième fois que j'entends ça depuis que j'ai soulevé mon sac hors de l'avion.
Une dernière ligne droite, me voila sortie de la zone internationale. Ça y est, je suis rendue.

Mon oncle était là mais pas loin de partir depuis le temps qu'il attendait (argh !). Le temps de se rendre à leur maison, épuisée, je suis tombée de sommeil. Le transit était terminé, j'avais enfin quitté la France et posé la première ligne de mon prochain chapitre....

Posté par magmamental à 18:27 - "Ma cabane au Canada" - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Contente de voir que tu es arrivée à bon port !!!

Posté par julie, 22 juin 09 à 16:08

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