MAGMA MENTAL

Des idées, des mots, des images. Un magma mental...

05 avr. 08

Loulou roudoudou les douces joues

Gnnniaaaarf, la voici.

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Loulou, presque 1 an, je sais pas combien de kilos, des dents en cours d'apparition, deux billes malicieuses qui vous fixent avec attention (enfin quand elle veut), et un nombre indéfinissable de plis sur les bras et les jambes.

J'ai rencontré Louise alors qu'elle n'était venue au monde que peu avant. Par un dimanche de printemps. Ce jour là il y avait déjà son copain Arthur qui faisait le grand, fort de ses quelques semaines d'avance. Aujourd'hui Arthur est un vrai petit mec tout rêveur, et Loulou est une vraie fillotte charmeuse.

Ce jour là, l'an dernier, Louise était un peu ronchon, fatiguée, trop d'étrangers autour d'elle venus voir à quoi elle ressemblait. Je ne sais pas pourquoi Sab, ma vieille cops, sa maman, me l'avait collée dans les bras. Elle était si petite, si mignonne, je la tenais serrée par peur qu'elle ne m'échappe. C'est vrai qu'il y avait du bruit dans cette pièce, alors je me suis mise un peu à l'écart avec la crevette logée entre mes bras. Et je ne sais comment, à un moment j'ai vu un petit bras se décoller et se relâcher, suivi d'une petite jambe, et ces deux petits membres flotter mollement dans le vide. Et cette petite personne s'endormir sans rien dire, sans autre préavis, dans mes bras. Il a fallu attendre qu'elle soit vraiment tombée dans le sommeil pour la caler dans son landau, et ça a démarré comme ça.

5 mois plus tard, j'étais à Ottawa, au musée des Civilisations. Dans la galerie il y avait des petits attrape-touristes pour enfants, moi je cherchais des chaussons de Pocahontas pour bébé. Pour Louise le bébé. Et le vendeur de me dire "What size does she wear ?" Beuh j'en sais rien ça chausse du combien un bébé de 6 mois ? Pis est-ce qu'elle est dans les normes de taille de pieds pour son âge, bin j'en sais rien tiens ! Avec l'aide de mon collègue Lee, expérimenté après avoir vu naître deux apprentis-terroristes, on a embarqué les petits chaussons.

Encore un mois plus tard, j'étais à Paris, avec Sabine et d'autre amis. On venait de terminer un brunch chez Papa et entre survivantes (aux assiettes surdosée de là-bas), on était parties voir Loulou et Antho, son papa. En lui mettant ses petits chaussons j'ai trouvé qu'elle me scrutait d'une façon étonnamment intense. Pis surtout j'ai flippé qu'ils ne soient pas à la bonne taille...

Encore une fin d'année, un réveillon et un début de mutation plus tard, je suis à Lyon, vautrée dans le vieux fauteuil, au téléphone avec Sabine. "Bon Marie ok on se voit demain pour le brunch avec les copains tout ça tout ça, mais j'aimerais bien que tu viennes un peu avant j'ai un truc à te demander"
Sabine, elle est pas du genre à demander service. Il est bien rare qu'elle me demande quoique ce soit d'ailleurs, c'est une grande fille. Et mon instinct me disait que c'était en rapport avec Louise. C'est vrai que j'avais de l'intérêt pour cet enfant, parce que c'est l'enfant de mon amie, parce que ça me faisait drôle d'être face à cette petite créature qui me rappelle souvent sa maman, parce que je la trouvais mignonne et bien chargée en joues et en multiplis, parce que je me sentais concernée. Et ça, je ne sais pas, ça ne s'explique pas.

Ce dimanche là, je suis multiclaquée, je tombe de mon lit largement hors délais, je suis en retard pour arriver chez Sabine et Antho (qu'on ne va pas commencer à appeler Toto ici comme dans la vraie vie, naaan ça lui rendrait pas service). Un peu plus loin dans le temps, me vla sur leur canapé. Et quelque chose de solennel flotte dans l'air, il n'y a que Louise qui ne percute rien. Perchée sur sa chaise de bébé, elle était trop occupée à balancer son jouet pour qu'on le lui ramasse. Tu parles d'une escalavagiste...
Et alors vint la phrase clé :"Bien alors Marie, tu vois...en fait on t'a demandé de venir avant parce qu'on avait un truc à te demander...et bon on n'arrivait jamais à être tous ensemble avant pour te voir et te le demander...(gros sourire aux deux coins de mes lèvres)...mais en fait on aimerait savoir si tu serais d'accord pour être la marraine de Louise (envie de sauter au plafond mais évitons, ça va faire peur à la petite)"
Réponse : "Arf j'en étais sûre !!!"
Réponse d'une mère qui surveille vachement son vocabulaire en présence de sa gosse : "SALOPE !!"

Et nos amis sont arrivés, et sur le coup on n'osait pas trop le dire, comme par une sorte de pudeur un peu inutile. Et nous avons brunché, et les enfants ont parlé leur langage d'enfants, et déjà je suis repartie. Le lendemain j'ai repris la route pour la Belgique, consciente que désormais il y avait un enfant dans ma vie. Pas comme tous les autres enfants venus avant, quelque chose de différent des liens familiaux comme avec mes petits cousins, quelque chose de différent de tous les autres enfants dans mon périmètre. Ni mieux, ni moins bien, juste autre chose.

Il y a des gens qui sont parrains et marraines de tous azimuts. Qui ne comptent plus leurs filleul(e)s. Qui ont leurs propres enfants aussi. Bah moi je ne sais pas combien il y en aura dans ma vie, mais je sais qu'il y a Louise. Que ça s'est un peu installé comme une évidence : je l'aime bien, elle m'aime bien, on s'aime bien. Que j'aurai sûrement des choses à lui montrer, que partir si loin et ne pas la voir grandir me chagrinait, même s'il ne faut pas se priver des aventures qui rendent la vie plus riche.

Qu'enfin j'espère ne pas être un piètre exemple pour elle ; que jamais de ma vie je ne l'aiderai à faire des devoirs de maths ni de sciences ; qu'un jour peut-être je l'accompagnerai dans ses 1ères glisses à skis ; qu'un jour peut-être je l'emmènerai en voyage (d'façons si elle est comme son père elle va bien finir par aimer routardiser) ; que jour après jour je serai dans un coin de sa vie, comme une personne avec qui elle pourra faire quelques conneries interdites en présence parentale et à qui elle saura qu'elle peut parler librement et demander conseil.

L'accompagner, je crois que ça sert à ça un parrain/marraine. J'espère que je ferai ça bien, j'espère qu'elle ira bien, et qu'elle ira loin.

LONGUE VIE MA LOULOU !!!
(et fais bien gaffe Marraine va bientôt revenir pour t'aider à torpiller la salle de bains en prenant ton bain....héhéhéhé)

Posté par marieguette à 17:16 - C'est bon pour ce qu'on a - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Le mot du jour : adaptabilité

Quelle est la différence entre versatilité et flexibilité ?
Entre instabilité et sens de l'opportunisme ?
Entre auto-victimisation et endurance ?

Un mot me vient, comme point de frontière entre chaque : l'adaptabilité.
Et je me dis que depuis que je me suis embarquée dans l'aventure périlleuse de mon job actuel, ce mot fut ma ligne de conduite forcée.

Donc aux dernières nouvelles, on me dit :
1. tu ne peux plus rester dans l'unité française, les besoins au siège sont énormes, ton poste doit devenir transversal. Et je pars
2. tu ne peux pas te cantonner à gérer les 3 marques et assurer les suivis de fab pour les 3, tu dois englober des fonctions de coordination au siège pour les marques belges et depuis le siège pour l'équipe (commerciale) française (ah bon je croyais qu'on avait un directeur commercial pour ça ? Ah non pardon c'est vrai il est payé à se curer les narines)
3. Ooops déééésolééééé en fait je m'a gourré mais j'avais pas bien vu mais en fait bin...on n'a pas de sous pour t'embaucher ! Rhooo c'est balo hein...
4. Tiens idée, si on te licenciait là tout de suite, que tu fasses ton préavis en produisant sur 3 mois tout ce que tu aurais produit sur 4/5 mois en temps normal, que tu nous rachètes la machine de PAO à bon prix et que dans quelques temps, quand ça ira mieux, tu reprenais le cours de tes dossiers en travailleur indépendant ? (ah ouais me licencier, mais sur quel motif je vous prie ? Vous payer une machine pour pouvoir vous fournir les prestas dont vous aurez besoin ? Vous voulez pas que je passe un coup de balai sous vos pieds non plus ?)

Et je laisse parler, et je me dis mon Dieu mais dans quel nid d'abrutis je me trouve...

Alors après la rage, vient le temps du rebond. Rebond, terme jumeau d'adaptabilité.
Où en l'espace de quelques heures, il faut trouver le contre-pied de la situation. Voir quel intérêt on peut en retirer, voir comment on peut obtenir ce qui est le plus important, voir comment on peut contraindre.

Vendredi prochain, on est censé me dire si oui ou non j'intégrerai l'équipe d'ici. Mais avec ce que je sais aujourd'hui, et avec le trou béant laissé par la confiance disparue, il est hors de question que je signe.
Et j'attends avec déjà un sourire en coin, de voir comment ils vont tenter de me licencier.
Motif économique ? Ah oui, en me faisant cravacher tout mon préavis, vous êtes sûrs que mon poste est devenu inutile à l'entreprise ? Et s'agissant d'une structure en cours de redressement, vous ne croyez pas qu'un juge-commissaire devrait avaliser votre décision avant que j'aille la contester (compte tenu que d'autres personnes plus récentes et moins productives sont encore employées) ?
Motif personnel ? Bien bien, allez-y, soyez finauds parce que quoique vous disiez, vous allez tomber très vite dans le licenciement abusif
Faute peut-être ? Haha, je me gondole...elle est où la preuve ?

Objectif immédiat : évacuer les lieux.
Quitter sans plus tarder le couvent, rapatrier tout le bazar (ce qui inclue la machine de PAO, fatalement...) à domicile, continuer à travailler en attendant qu'ils soient foutus de prendre une décision. Et être là pour la 1ère bougie de mademoiselle Loulou (billet à suivre pour vous présenter cette charmante petite créature joufflue)

Objectif à moyen terme : jongler entre trouver un autre contrat et dealer le départ définitif de la boite à vilains.
Hypothèse idéale : trouver plus vite un autre contrat et en parallèle, les inciter à me licencier sur mode consensuel pour récupérer la machine de PAO + mes indemnités et ne pas avoir à tirer mon préavis.

Objectif à fin d'année : être dans une autre boite, avoir gardé la machine pour faire un peu de freelance et si possible par pour eux (non désolée j'ai vraiment pas le temps là et de toutes façons vous êtes mauvais payeurs...arf !).
En parallèle : quitter mon nid là haut sur la colline et si inspirée de je ne sais quel élan de maturité, faire un truc typique des vrais adultes qui s'enracinent : acheter un appartement (rhooo lala, rien que le dire ça me donne des frissons).

Objectif à hiver 2009 : rattraper cette saison de ski totalement loupée pour cause de débilité belge en phase aggravée.

NAN MAIS !

Posté par marieguette à 16:59 - Bruxelles mon village européen - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

02 avr. 08

Ma vie pro, mon fiasco

Alors je ne sais pas si je traîne une poisse phénoménale en termes de job ou si quelque part j'aurai fait quelque chose pour mériter les emmerdes, mais toujours est-il que depuis que j'ai mis un timide premier pied sur le marché, j'ai vraiment enchaîné les galères.

Pour commencer, une agence très chouette pleine de gens très chouettes sauf un : pas de bol, mon dircli. Qui en l'espace de 2 mois a commencé à manigancer contre moi jusqu'à ce qu'un jour le boss me dise au détour d'un couloir : "de toutes façons ou c'est lui ou c'est toi. ce qui revient à choisir entre le paraître vis-à-vis du client ou la compétence pour servir le client. Dur..." 15 jours plus tard il était viré et s'en sont suivi plusieurs mois jouissifs de surcharge de travail vraiment hyper intéressant. Ça ne pouvait pas durer...

Puis je me fais débaucher par une autre agence et alors que ma période d'essai n'était pas encore achevée, un remaniement interne me fait monter en grade. S'en suit une année d'éclate aux côtés de gens super qui m'en ont appris bien plus qu'ils ne croient sûrement. Ça ne pouvait pas durer...

La boite était fragile, elle s'est enfoncée, tout le monde a été viré. Au début le chômage c'était comme des vacances rallongées. J'ai voyagé, je me suis reposée, j'ai pris mon temps. Et puis ça a duré. Alors il y a eu des freelance, manière de mettre du beurre dans les épinards dans les caisses des impôts et de passer le temps. Et puis il y a eu la promesse d'embauche pour un super poste exactement comme le précédent, en agence, à Lyon, avec perspectives de développement d'une antenne à Genève. Ça ne pouvait pas durer...

Alors que je m'installais à Lyon, l'agence m'appelle pour m'informer que lors d'un récent appel d'offre, ils ont perdu leur plus gros client et ne peuvent donc pas légalement licencier les 3 personnes à temps plein sur ce budget tout en embauchant par ailleurs. C'est vrai, mais bordel pourquoi moi !! Peu de temps après, ces crétins des Assedic m'envoient un recommandé comme quoi mes droits expirent dans 10 jours. Tout ça parce qu'un abruti avait zappé un de mes certificats de travail et mal calculé mes droits....Soit je demandais une procédure de réexamen qui pouvait durer des mois, soit je prenais le 1er job qui passait. Ce que je fis à contrecoeur, et ce fut l'entrée dans le monde fantastique des cadres en cravate. Lors de mon recrutement (7 entretiens stériles pour un poste d'assistante de com, ça aurait du m'affoler), mes futurs n+2, 3 et 4 m'ont tout de suite parlé du remplacement de ma future n+1, dans son dos évidemment. Elle l'a appris et s'est méfiée de moi d'entrée de jeu. Puis je me suis fait chier comme un rat mort dans ce job sous qualifié et mal payé, du coup j'ai redécouvert les bars de ma ville. Chouette... :S
Au bout d'un an se présente une porte de sortie, je file. Et ce fut la découverte des joies du boulot de responsable market dans une micro PME sans moyens. 3 mois après mes débuts, ce furent les feux de joie dans les rues (souvenez-vous, la vague incendiaire, les couvre-feux, la vogue fermée sur le boulevard de la croix-rousse...). Là où le marché a pris -10 points, ma boite a pris -30. Alors il a fallu se faire racheter. Alors j'ai commencé à chercher ailleurs, à monter d'autres projets, à voir comment me tirer une bonne fois pour un an à vadrouiller parce que c'est pour ça que je bosse, pas pour le plaisir ni pour la gloire.
Puis vinrent les investisseurs qui voulaient miser sur moi. Alors de nouveau ce fut stimulant. Beaucoup de choses à faire et très variées, une partie du job à l'export, la formation CS3, la possibilité de donner corps à mes idées. Je dirais que sur 33 mois passés ici, ce furent les 14 meilleurs. Ça ne pouvait pas durer...

Après il y a eu le coup bas que vous savez et ce fut l'heure de plier bagages pour intégrer la maison-mère et reproduire le même gros boulot de développement sur deux autres marques, tout en continuant à gérer celle qui m'occupait depuis presque 3 ans. Et ce furent mes derniers billets, où on ne peut pas ne pas lire la division entre mon enthousiasme à venir prendre en main ce taf et bâtir une nouvelle vie ailleurs, et en même temps les doutes par rapport à la boite. La négo a été bien avancée, on s'est mis d'accord sur à peu près tout, je suis rentrée emballer mon appart, j'ai cherché des apparts, j'ai trouvé la maison blanche, la propriétaire m'a rappelée pour une seconde visite et pour signer le bail ce soir même. Ça ne pouvait pas durer...

J'étais bien obligée d'informer mon employeur que j'allais contracter un bail, donc qu'il faudrait établir tous mes papiers. En fin d'après-midi, il m'a donc demandé de venir le voir dans son bureau. J'y suis restée presque 2h, suffisamment pour ne pas pouvoir honorer mon RDV à la maison blanche (non pas celle-là, une autre). 2h où j'en ai entendu des pas croyables et où du coup j'ai vidé mon sac. 2h où il m'a témoigné une sympathie assez paternelle et la reconnaissance pour le travail fourni. Mais où il m'a aussi dit en clair qu'il ne signerait pas de contrat car le paquebot risquait de couler d'un jour à l'autre. Mais hein qu'est ce que quoi ???? Je savais que c'était tendu mais tout le monde est tendu partout...alors à ce point là !!
En clair tant que des solutions ne viennent pas (signer des contrats en attente, faire entrer des investisseurs ou je sais pas quoi), mieux vaut me laisser au chaud sous droit français. Pour que le moment venu, je puisse être correctement couverte.
En encore plus clair, je suis priée de tenir bon pendant encore 2 ou 3 semaines pour voir où on en est.

L'autre jour je parlais de prendre la course mais là c'est une course à 120 dans le brouillard (dixit le chief). Soit il s'en sort et tous mes efforts permettront de justifier de me garder en Belgique, et tout ira bien. Soit ça ne vient pas (et je penche pour cette hypothèse, sans vouloir être négative...) et il faudra que j'active mes recherches ailleurs en attendant de toucher ce que l'entreprise me devra à titre de licenciement.
Autant dire que j'ai fait mes cartons pour rien et que je ne suis vraiment sûre de rien du tout. Ça ne peut plus durer...

Dieu sait où ces cartons finiront par voyager, mais un jour Jibé me disait qu'on avait en commun d'attirer les boites candidates à la liquidation. Je crois qu'on ne peut pas être des cas isolés, mais bordel, quand est-ce que je vais trouver un taf stable ??

Si ça se trouve c'est un signe du ciel, pour me dire que la stabilité c'est pas pour moi. Ou pour me dire de reprendre mes projets de création d'entreprise où ils étaient...qui sait ? A force de cumuler des expériences différentes je vais finir par ne plus savoir comment positionner mon CV alors autant que je me démerde seule à exploiter mes acquis dans le fond ??

Une porte se ferme, j'espère être capable d'en ouvrir une autre rapidement. Parce que vraiment, ça ne peut plus durer...

Posté par marieguette à 20:24 - Live from work - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

C'est une maison blanche...

…accrochée à une petite rue de Bruxelles capitale, dans la commune verdoyante et contrastée d’Uccle. Ou Ukkel pour les bilingues en flamand pas comme moi…

Maintenant comme si vous étiez dans un jeu vidéo, glissez vous aux commandes : vous êtes dans mes yeux, je vais vous guider jusqu’à la maison blanche.

Si vous n’êtes ni mineur ni grabataire et donc pas contraint de circuler en bus ou en tram, alors comme les ¾ des bruxellois vous boudez les transports en commun et vous déplacez en Mariemobile.

Du coup d’où que vous arriviez, vous avez probablement pris le ring. Ou périph’, en français d’outre-Ardennes. Vous voila donc sur le ring Est, vous dégagez à la sortie 18 « Ukkel / Ruisbroek / Drogenbos ». Vous vous retrouvez sur une longue rue sinueuse qui vous fait passer devant un centre commercial où vous sentez que vous reviendrez régulièrement dans un futur pas si lointain. Plus loin sur cette rue, vous atteignez un quartier qui s’appelle « le Globe », plein de petits commerces et bien vivant. Vous traversez en continuant sur la même rue puis suivez tout droit. La petite rue sinueuse devient un axe rectiligne et plus large, ou comment un petit chemin d’autrefois devint un jour une avenue portant le nom d’un grand monsieur de l’histoire locale : Georges Brugmann.

Vous voila sur une avenue ma foi assez chic, avec de grands bâtiments d’époques tellement différentes que tout ça donne cette cacophonie visuelle qui pour moi est le propre de l’urbanisme bruxellois, et ce pour quoi mes yeux aiment cette ville.

Après quelques intersections, vous traversez les lignes de tram pour tourner à gauche, dans la rue des Cottages. Elle porte bien son nom, car en un coup de volant vous avez complètement changé d’environnement. Vous longez maintenant de petites rues alambiquées, aux noms évocateurs : rue de la mutualité, rue des carmélites, rue de la seconde reine…Ici vous ne voyez que des maisons belges. Des façades relativement étroites à une seule (mais grande) fenêtre, parfois en bow window, le tout sur 3 étages plus les combles sous les toits. De vieilles maisons aux façades en briques souvent peintes, sans volets, avec une tablette sur le bord de chaque fenêtre où poussent tranquillement de petites plantes. Incroyable, il y a deux minutes vous étiez dans une capitale et maintenant vous vous croyez au village, comme chez vos grands-parents. Dans l’une de ces rues, au détour d’un zigzag, vous repérez une petite plaque ancienne portant le numéro 150. Vous venez de trouver la maison blanche.

Elle est toute en briques peintes, elle est bucolique, elle envoie de bonnes ondes.

Puis vous sonnez à l’interphone et là quelqu’un de sympathique vous ouvre. Dans cette maison il n’y a guère que des gens sympathiques…

Vous entrez et comprenez à la vue des boites aux lettres que la maison a été divisée en appartements. Devant vous il y a l’escalier commun, pas plus large qu’une porte, à l’ancienne. Sur le côté il y a le rez-de-chaussée et au 1er une autre surface occupée par les propriétaires de la maison. Ces propriétaires, c’est un couple de retraités qui après avoir beaucoup travaillé et beaucoup bourlingué, ont choisi d’élire retraite en Ardèche. Donc pendant la moitié de l’année, ils ne sont pas là.

Comme ils sont super gentils et que vous n’êtes pas spécialement méchant, ils vous laissent l’accès au jardin en leur absence. Vous poussez juste la porte de leur salon pour longer leur cuisine et hop, vous voila avec vos gants, vos pelles, votre sécateur, en train de jardiner pénard. Ou avachi sur une couverture, vous faites la sieste en plein été à l’ombre d’un arbre. De temps en temps, le long des murs de brique qui vous séparent du jardin voisin, vous voyez passer un chat qui vous miaule quelque chose que vous ne comprenez pas. Qu’importe, on est bien là…

Revenu devant l’escalier, vous avez une lessive à étendre dans la buanderie commune, au sous-sol. Ca y est, vous en avez fini. Alors vous grimpez jusqu’au 2ème étage. Vous voyez des petites portes et des petites trappes un peu partout. Vous êtes dans une vieille maison, rien à voir avec les buildings des années 80…et toutes ces petites cases sont des rangements qu’on vous laisse remplir de votre bazar visuellement ingrat. Vous atteignez enfin le haut de l’escalier : un palier avec une armoire et de quoi vous vider les poches. Vous poussez la porte d’à côté et vous arrivez dans une vaste pièce très lumineuse où sont nichés de grands meubles de rangement, où trône une grande table qui vous invite à vous poser et attendre les œufs mimosa (la cible se reconnaîtra). Enfin dans un coin il y a une large bibliothèque puis quelques vieux fauteuils hyper confortables et un ordinateur, objet isolé témoignant qu’on est quand même au 21ème siècle, contrairement à ce que tout le reste semble indiquer.

Cette pièce communique sur une micro cuisine, une micro salle de bains mais ici on s’en tape, on ne passe pas sa vie dans la baignoire ni sa journée aux fourneaux. Il y a de quoi préparer et stocker du bon à manger, c’est tout ce qui compte. Et puis vous remarquez un escalier tout fin et tout raide, en bois sombre. Trop tenté d’aller voir ce qui se cache en haut vous l’escaladez. Et en haut, vous trouvez 25m² de tranquillité : une chambre dans les combles. Elle est agencée un peu n’importe comment car quand on vit sous les toits c’est toujours un peu comme ça. Elle a des trappes qui accèdent à ce qu’il reste de combles, là où on planque les trucs qu’on sort une fois par an.

Depuis une de ses fenêtres, on voit le petit quartier d’en haut : c’est un entassement de maisons petites et grandes, de toutes les couleurs, avec des toits très pentus et des briques, des jardins, toujours des chats qui courent….

Qui pourrait dire que derrière cette ligne de toits se trouve Vanderkindere, une des rues les plus attractives de la capitale. Une rue hyper commerçante, parfaitement desservie par les transports en commun, aux stationnements gratuits pour les résidants ayant acheté leur pass annuel…
…la rue où j’irai probablement acheter mon pain.
…la maison blanche dont je pousserai probablement la porte chaque soir et chaque matin
…le petit duplex sous les toits qui m’a complètement tapé dans l’œil et pour lequel je vais maintenant m’empresser de rappeler la propriétaire et demander une seconde visite.

...l'endroit où, avec un peu de chances, j'aurai bientôt (ENFIN !) posé ma vie.

To be continued...

Posté par marieguette à 12:12 - Bruxelles mon village européen - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

30 mars 08

Petit correctif...

...à l'attention des gentils qui s'inquiètent de mon sort.

Non, je ne suis pas au fond du trou, je suis juste fatiguée. N'oubliez pas que je suis quand même un personnage assez primaire qui sourit bêtement à la vie aussi longtemps qu'il mange à sa faim et repose suffisamment son organisme....L'autre soir j'étais dead, depuis j'ai écrasé pendant des heures, j'ai promené mémé dans les rues de mon potentiellement futur quartier, j'ai mangé des bonnes grosses frites et bu de la bonne grosse bière. Détendue me vla !

Quand je suis partie, au tout début, Géraldine m'a demandé comment je me sentais. J'ai répondu, comme dans la cabine de départ en haut d'un champ de course, par un jour de temps changeant et une neige alternant poudre et pans de glace. Juste avant une course où il va falloir sortir toute sa panoplie de possibilités et où toute erreur technique se paiera cher.
Je me souviens de ces dimanches de courses quand j'étais petite, dans ces cabines de départ qui auraient pu loger deux enfants comme moi en même temps. A force de le vivre, je m'étais lassée d'avoir peur. Peur de tomber, peur de mes erreurs, peur d'échouer en somme. Et j'avais appris à prendre des risques, parce que je faisais de bien meilleurs temps quand je fonçais sans réfléchir.

Je crois que c'est à cause du ski que j'aime ces moments où on est à la lisière entre deux choses. Où on peut autant perdre des plumes que gagner des lauriers. Où on joue seul contre (et avec) les éléments, où rien n'est acquis d'avance mais où, si on ne tente pas, on reste au ski-bar à boire des Ricard.

Avec le recul, je dirais qu'au jour de la question de Géraldine, en réalité je n'en étais qu'aux entraînements. Depuis, j'ai fait des descentes de repérage, vu les passages qui iraient à mon avantage et isolé les détours difficiles. Je sais sur quoi et quand je dois appuyer. J'avais juste besoin d'un petit Cacolac pour me recharger avant la vraie course.

Maintenant, la vraie course est imminente et j'ai envie de la courir. Tant pis si je me gaufre, je n'aurai pas de regret d'avoir essayé. Mais si je fais un bon temps, c'est super bonus et double Cacolac à l'arrivée (hein Jibé !!).

PS : dit-elle en écoutant "sweet Lullaby" de Deep Forest. Parait que la petite fille qui chante, c'était une prise de son de je ne sais quels vieux briscards aventuriers, et que maintenant elle aurait 70 piges mais que personne ne sait si elle vit encore...Mmmm je sais pas si j'y crois...

PS bis : ah tiens au fait ce soir je fais un bar à quenelles avec une famille rwandaise. Fun !

Posté par marieguette à 18:13 - Bruxelles mon village européen - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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