MAGMA MENTAL

Des idées, des mots, des images. Un magma mental...

27 oct. 09

Mes superfit me fittent

Dans la série "je m'adapte", au menu du jour nous avons pour vous la recherche de matériel adapté pour la vie dans le Permafrost.

Ce qui comprend dans le désordre :
- un manteau et des bottes capables d'empêcher que vous ne creviez sur place par -40°C
- des pelles à neige pour l'auto et pour pouvoir rentrer/sortir de la maison jour après jour
- des mitaines très fines et très chaudes pour mettre sous les gants en polaire, eux-mêmes sous les moufles
- des lunettes de soleil triple épaisseur parce que Marcel même l'hiver il cogne
- des feuilles plastique pour isoler les fenêtres (et donc ne plus les ouvrir de tout l'hiver, c'est les acariens qui aiment ça) qui de toutes façons se retrouvent tôt ou tard bloquées dans le gel pris dans l'encadrement.
- un humidificateur parce que les chauffages tournent tout le temps et assèchent complètement l'air de chez vous
- et bien sur chez soi : de l'eau potable, des bougies, une lampe de poche (avec une pile qui marche siouplé). Parce que les pannes d'électricité n'arrivent pas toujours l'été en plein après-midi quand on s'en fout de chauffer ou d'éclairer...

Le kit complet peut vite coûter une petite blinde, donc on écrème. On peut recycler les affaires de ski, s'autoriser à ne pas déneiger le patio de toute la saison, utiliser la bouilloire comme déshumidificateur, parier sur le bon isolement de chez soi pour s'épargner le blocage des fenêtres. Mais pour le manteau et les godios, il n'y a pas de joker.
Le manteau fut vite repéré durant les liquidations de septembre où ce type d'article part à des prix vraiment attractifs. Il y a même moyen de ne pas ressembler à Bibendum version femme, tout étant dans la qualité du duvet + le doublage intérieur + la ligne de fourrure sur la capuche. Il faut se donner la peine de fouiller, prendre le temps d'essayer, comparer, questionner. Mais c'est jouable.
Pour les bottes, mieux vaut ignorer l'offre au centre-ville où la mode et les faux cuirs priment à des prix exorbitants mais ne vous suivront jamais en bas d'un petit -10° de débutants. Une petite chasse à la botte au-delà de l'île peut s'avérer fort intéressante.

Et là il faut s'imaginer qu'au lieu de rentrer dans des boutiques chic et sobres, on se retrouve dans des hangars où les boites de bottes contiendraient à peu près ma télé et mon frigo. Où les bottes sont classées par tranches thermiques et où pas à pas, vous avancez le long d'un rayon qui démarre doucettement à zéro et descend doucement pas vite jusqu'à -40°C. Et là vous vous souvenez que oui, ça se peut bien, que vos pieds connaissent le -40 avant que les bourgeons ne ressortent. Une grimace de malaise peut alors s'installer sur votre faciès : ne pas paniquer, il y a toujours des solutions.
Et le bonheur c'est que là aussi il est possible de se chausser pour du -20° sans tomber dans des abîmes de laideur es chaussures. Il y a moyen de gambader joyeusement dans la neige avec aux pieds des bottes entièrement fourrées, sur semelle très haute et creusée de gros crampons, avec un maintien renforcé sur la cheville (bin oui on se gamelle inévitablement sur la glace, c'est la vie), le tout restant léger au lieu de vous plomber les jambes façon chaussures de ski.

P1080055J'ai trouvé de quoi aujourd'hui, des Superfit, qui fittent grave. Une marque canadienne made in China (bah bravo) "designed by people who love winter", même pas plus chère que les ténors du marché (Columbia, Sorel, Cougar, Kamik...).

Résultat des courses : équipement complété avec un manteau et deux paires de bottes, budget à date maintenu en dessus de 400$, il y a eu plus de peur que de mal à la Mastercard.

Prochaine étape : direction la MEC (Moutain Equipment Co-op) pour des raquettes !
ET VIVEMENT LA NEIGE !!

Posté par magmamental à 01:11 - Arrêt sur objets (qu'on les aime...ou pas) - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

26 oct. 09

Instantané montréalais

Au sud-est du Québec, il y a une île, immense, appelée Montréal.
Sur cette île, les quartiers s'enchaînent sans se ressembler, des plus sélect aux plus popu. Et au milieu, non ne coule pas une rivière, mais se dresse une montagne. En contrebas de cette montagne il y a le centre ville. Une langue de terre tranchée d'est en ouest de boulevards et de nord en sud par de petites rues transversales. Un coin de ville hyper urbanisé où les tours se font face, où les grands magasins et centre commerciaux se suivent et se ressemblent (un peu quand même...), où on peut manger n'importe quoi n'importe quand et où la surconsommation d'éclairage frôle l'indécence. On n'irait pas jusqu'à parler d'un petit Times Square local mais il y a de ça.

ste_cath

Dans cet endroit d'un calme étonnant durant les heures de travail, les montréalais sortent tels des armées de fourmis lorsqu'il est temps d'aller manger et s'adonner à l'activité fétiche du quartier : magasiner. Voire magasiner en mangeant, mais là ça prend une certaine maîtrise de la jonglette à deux doigts avec la carte de crédit. Voire s'enfiler un trio frites/café/clope puis aller se faire remaquiller au comptoir où je travaille et diffuser les odeurs de ses restes de repas auprès du personnel (dévoué, si si) dont je suis. Charmant.

Dans ce quartier d'affaires et d'affairement, l'on croise la Montréal élégante, fortunée et amatrice de luxe face à la Montréal des quartiers de ceinture, populaire si ce n'est quétaine, serrée dans sa bourse et pour qui le rêve de la consommation s'arrête vite à la vitrine du magasin. Tout ce beau monde se mêle aux heures de pointe et s'ignore vaguement le temps de manger un wrap, un bagel, une salade/panini puis de retourner au bureau. Dans ce tout le monde on trouve aussi le personnel en service, depuis les serveurs jusqu'aux équipes de ménage, en passant par tous ceux qui bossent en uniforme. En sachant que quand on porte l'uniforme d'une grande marque de cosmétiques de luxe, dans un quartier pareil, les regards se fixent sur nous. Pas sur nous en fait, mais sur l'uniforme.

Alors imaginons cette rue, sous la pluie, un samedi de gros trafic en magasin. Imaginons 3 personnes en uniforme de la marque au sigle en forme de rose, sorties sans leurs manteaux jusqu'à l'autre côté de la rue. Sorties pour s'enfiler des oeufs et un bagel pas cher chez Nickels, juste en face de la sortie du centre Eaton. Peu importe la photo ignoble de la proprio (Céline Dion) à l'entrée du restaurant, c'est le décor Happy Days, les juke box et le contenu de la gamelle qui leur auront fait traverser la rue. En entrant dans le restaurant, on les place sans qu'ils demandent à la banquette au fond de la salle, pour qu'ils mangent sans que les clients n'écoutent leurs conversations. En repartant, ils savent qu'on les observe et font comme si de rien n'était. En sortant dans la rue, alors que les gens s'abritent le chef de la surface de leur Métro ou leur 24h pris plus tôt dans le métro, nos trois acolytes n'ont rien pour se protéger à part leurs uniformes. Les voila courant pour éviter la pluie jusqu'à l'accès au centre Eaton, le membre gay de la bande braillant dans la rue "ah mais mon make up il est pô waterproof !!".

Ces 3 personnes sont bien plus que leurs uniformes. Elles recèlent des trésors d'humour, d'humanité et d'intelligence. Elles voient le genre humain dans toutes ses facettes, chaque jour, et de près. Elles en savent long sur une partie de ceux qui les observent à tous les détours d'allées marchandes. Elles sont des psys de comptoir aux consultations sous-payées. Deux d'entre elles sont maintenant mes ami et amie, et la 3ème c'était moi. Traversant la rue en pestant contre la pluie qui allait encore me faire friser la tignasse.

Et je voyais la scène comme si je n'avais pas été dedans. Parce que c'est ça, la particularité des métiers exercés en uniforme...

Posté par magmamental à 02:59 - Petites histoires - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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